12.900 tonnes de thon rouge pourront être pêchées en 2011

Le 29 novembre 2010 par Célia Fontaine
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La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Iccat) a décidé le 27 décembre de fixer les quotas de pêche au thon rouge à 12.900 tonnes pour 2011 pour la Méditerranée et 1750 tonnes pour l’Atlantique ouest. Soit 600 tonnes de moins qu’en 2010.

Pour la totalité des mouvements concernés par la survie de l’espèce, les réactions sont unanimes : il s’agit d’un échec total.

Avec une réduction aussi symbolique, « la pêche industrielle a gagné », affirme Jean Louis Roumégas, Porte parole D'Europe Ecologie/Les Verts. « C’est un triste jour à la fois pour la biodiversité et pour les centaines de pêcheurs artisanaux qui risquent de disparaître », poursuit-il.

Même déception du côté de Pew Environnement, qui regrette que les 48 membres qui composent l’Iccat n’aient pas voulu prendre en compte les preuves scientifiques des menaces qui pèsent sur l’espèce. « Ils n’ont pas réussi à protéger les aires de frai du thon rouge de l’Atlantique, ni dans le Golfe du Mexique, ni en Méditerranée. Ils n’ont pas su suspendre, ou même réduire sérieusement la pêche de cette espèce, en attendant de vraies mesures de gestion et de contrôle de la pêche illicite », dénonce Suzan Lieberman, docteur en science, et directrice des politiques internationales de Pew.

Pour Greenpeace, le quota de 12.900 tonnes est un résultat « déplorable » dans la mesure où « ce chiffre ne laisse qu’environ 30 % de chance au stock de se reconstituer d’ici 2020, alors que la communauté internationale s’est engagée à ce que tous les stocks de poissons soient exploités de façon durable à cette date, lors de la Convention internationale sur la biodiversité de Nagoya ».

Pour ces deux associations, la réunion de l’Iccat a montré que cette pêcherie est toujours hors contrôle, des milliers de tonnes de poissons restants invendues (dans le JDLE)… Même le Japon, qui s’était engagé à prendre en main la situation, n’a pas tenu ses engagements.

« On ne peut plus confier au renard la gestion du poulailler. Nous appelons les gouvernements soucieux de la santé des écosystèmes de l’océan à démanteler cette absurde institution », estime Suzan Lieberman.

La France a reçu l’autorisation de pêcher 2 500 tonnes de thon rouge pour 2011. Mais les thoniers ne seront autorisés à pêcher « qu’environ » 1 000 tonnes, en raison de la dette que l’hexagone doit pour avoir dépassé ses quotas les années précédentes. « Ces 1 000 tonnes devraient être allouées en priorité aux pêcheurs artisanaux, et non aux thoniers senneurs, la pêche industrielle étant seule responsable des dépassements de quotas en 2007 », estime François Chartier, de Greenpeace.

Du côté des avancées, le Japon et d’autres pays ont obtenu des mesures de contrôle des déclarations pour tenter d’endiguer le vaste marché noir du thon rouge (dans le JDLE), « mais ces efforts restent cependant vains tant que la population n’augmente pas », selon Pew.

L’Iccat ne traitant pas que du thon rouge, les décisions de la conférence ont également porté sur la protection des populations de requins océaniques et marteau de l’Atlantique (à l’exception du bonnethead Sphyma tiburo). Jusqu'à présent, seul le requin à gros yeux était interdit de pêche dans l'Atlantique. Sont désormais interdites les captures de tous les requins océaniques et de presque tous les requins marteaux (une demi-douzaine d'espèces). Les pays en développement pourront pratiquer la pêche côtière à destination locale mais le commerce international des ailerons est interdit. Cependant aucune mesure concrète n’a été prise pour mettre fin à « l’aileronage » (prélèvement des ailerons du requin et rejet de la carcasse en mer), et la proposition de l'Union européenne de soumettre le requin-taupe aux mêmes mesures de protection que les autres requins n'a pas été retenue.

Autre point positif, des protections ont été instaurées pour les tortues de mer. Les pêcheurs professionnels auront l’obligation de retirer les filets et hameçons des tortues capturées accidentellement avant de les relâcher en mer. Cette mesure pourra sauver des dizaines de milliers de tortues de mer, se réjouit l’association Oceana.



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