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10 ans d’observation de la qualité de l’air intérieur

Le 13 septembre 2011 par Geneviève De Lacour

Pour ses 10 ans, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a présenté devant la presse, aujourd’hui mardi 13 septembre à Paris, les résultats de l’expertise acquise depuis 2001.

Depuis une décennie, l’Observatoire scrute les logements des Français à la loupe, analyse les particules physiques, les moisissures et les polluants organiques des intérieurs, des écoles et autres bâtiments. «Un observatoire des lieux de vie, totalement anthropocentré puisque ses observations sont réalisées dans les logements, les écoles ou les salles de sport plusieurs jour durant», précise Séverine Kirchner, coordinatrice scientifique de l’OQAI. Objectif de construction durable, l’air intérieur est devenu en quelques années un enjeu sanitaire, environnemental et économique majeur [JDLE]: chacun d’entre nous passe entre 80 et 90% de son temps à l’intérieur d’un bâtiment.

Connaître ce temps moyen de présence dans un bâtiment a été l’une des premières missions de l’OQAI. Ainsi, d’après les données que l’Observatoire a pu collecter, les Français restent en moyenne 16 heures10 par jour dans leur logement, de préférence dans leur chambre. A noter tout de même qu’1 Français sur 4 séjourne plus de 19h dans les murs.

Entre 2003 et 2005, une première campagne d’analyse a été réalisée dans 567 logements. Les objectifs de cette première étude étaient de connaître la qualité de l’air, le niveau d’exposition de la population à la pollution et de réfléchir à la manière d’optimiser les bâtiments et leurs usages pour réduire les expositions aux polluants.
 
Premier constat réalisé par l’Observatoire: ce que nous respirons dépend des matériaux de construction mais aussi des habitudes de consommation, des modes de vie de chacun.
 
La liste des polluants étant presque infinie, l’OQAI a dû hiérarchiser les produits les plus préoccupants en fonction de leur toxicité et de leur présence dans les logements. Une vingtaine de ces substances ont été classées hautement prioritaires: 15 substances pour les logements, 6 pour les écoles et 5 pour les bureaux. Initiée en 2005, cette liste est régulièrement mise à jour, en tenant compte des polluants émergents comme les pesticides, les phtalates ou les composés bromés.
 
En 2006, l’Observatoire présente les résultats de cette première campagne. Constat: l’ensemble des logements sont pollués à des degrés divers. Et 10% apparaissent comme multipollués.
Autre découverte: à chacun ses polluants. Les plus défavorisés sont exposés aux produits issus de la combustion (monoxyde de carbone, par exemple). Les nantis doivent craindre le perchloréthylène et les produits chimiques utilisés pour le nettoyage à sec.
 
En 2008, l’OQAI étudie les systèmes mécaniques de ventilation (VMC). Les résultats sont assez surprenants. Le renouvellement de l’air intérieur ne dépend pas du système de ventilation installé, mais de l’occupant du logement. En effet, la qualité de la ventilation dépend de la perméabilité du bâtiment et du rythme d’ouverture des fenêtres.
Quelle est l’évolution des concentrations en polluants dans les bâtiments? Pour l’instant, un seul état des lieux a été réalisé. Une seconde photographie serait nécessaire.
 
D‘autres enquêtes nationales sont prévues, notamment dans les écoles qui ne disposent pas de VMC, alors que la moitié des crèches en sont équipées. Une campagne nationale a été engagée pour la période 2011-2015. Elle sera menée dans 300 établissements.
En ce qui concerne les bureaux, une campagne en deux temps sera réalisée entre 2011 et 2014. Le syndrome des bâtiments malsains (provoquant céphalées et troubles de la concentration) frapperait dans 30% des immeubles des pays industrialisés. Menée dans 300 bâtiments, la première phase de l’audit verra les enquêteurs œuvrer une journée durant dans chaque logement. La seconde phase se focalisera sur 50 bâtiments et les investigations seront plus approfondies.
 
Présentées comme l’avenir de l’habitat, les maisons à haute performance énergétique sont aussi sous l’œil de l’Observatoire. Les performances de 7 maisons-tests sont analysées depuis 2009. Pour limiter leur consommation énergétique, ces bâtiments sont 5 fois plus étanches que des bâtiments normaux. D’où la nécessité d’installer des VMC. Or aujourd’hui, seul 1,1% du parc est équipé de VMC double flux et les données relatives à ces systèmes sont insuffisantes pour le moment. Raison pour laquelle l’Observatoire met en place une base de référence nationale des VMC.
 
L’Observatoire a pu constater que les systèmes mécaniques de ventilation subissent de nombreux dysfonctionnements. Selon les spécialistes de l’OQAI, les débits d’air extraits sont moindres qu’escompté. La maintenance laisse souvent à désirer. Pour la plupart des polluants, c’est plutôt l’ouverture des fenêtres qui permet d’abattre les concentrations intérieures –à part peut-être pour le benzène qui vient de l’extérieur. «Le comportement des occupants joue un rôle déterminant dans le renouvellement d’air des logements grâce à l’ouverture régulière des portes et fenêtres, y compris en période de chauffage», précise l’OQAI dans son communiqué publié aujourd’hui.
 
Pour aider à résoudre cette question épineuse, l’OQAI prépare un protocole harmonisé pour le suivi de la qualité de l’air dans les bâtiments performants en énergie, dans lequel la base de référence nationale sera mise en place.
 
http://www.journaldelenvironnement.net/article/la-qualite-de-l-air-interieur-est-devenue-un-sujet-de-societe,24923
 


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