1.200 médecins en guerre contre les pesticides

Le 29 janvier 2014 par Marine Jobert
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Les médecins à l'origine de l'appel, dont Pierre-Michel Périneaud (au centre)
Les médecins à l'origine de l'appel, dont Pierre-Michel Périneaud (au centre)

Ils partirent à 85, mais par un prompt renfort, ils se virent 1.200 à crier haut et fort leur inquiétude face à «l’imprégnation générale [en pesticides] de la population». Lancé il y a moins d’un an par un médecin du Limousin, cet appel national qui met en garde contre la dangerosité des pesticides a rassemblé près de 1.200 signatures venues de toute la France métropolitaine et des Antilles.

 

«Médecins de terrain, nous avons constaté l’augmentation des maladies chroniques chez nos patients (cancers, troubles de la fertilité, mais aussi maladies neurologiques, diabète, allergies…). Nous avons aussi constaté que s’accumulaient les preuves de la responsabilité de substances chimiques très largement répandues dans notre environnement», écrivent-ils. Se défendant de vouloir pointer du doigt la profession agricole, et tout en reconnaissant que «les pesticides ne [sont] pas seuls en cause», ils demandent que «face aux dangers de ces produits, des politiques agricoles, économiques et de santé publique soient enfin efficacement mises en œuvre».

 

A l’appui de leur démonstration, ils citent notamment l’étude publiée en juin 2013 par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Celle-ci établissait que «les pesticides sont, par nature, intrinsèquement dangereux, pour les organismes cibles et à des degrés variables pour les organismes ’non cibles’». Elle concluait, à l’issue d’une revue de la littérature scientifique internationale, que «des augmentations de risque significatives pour plusieurs pathologies ont été mises en évidence». Elle confirmait notamment des «présomptions fortes ou moyennes» de lien entre l’exposition à des pesticides et des maladies comme le lymphome non Hodgkinien, le cancer de la prostate, les myélomes multiples, des leucémies, les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, divers troubles cognitifs, ainsi que des impacts sur la fertilité et la fécondabilité.

 

Et les médecins signataires de proposer une série de mesures aux pouvoirs publics. Comme la reconnaissance de nouveaux tableaux de maladies professionnelles agricoles dont l’apparition est liée à l’exposition aux pesticides. Comme la fin des dérogations à l’interdiction européenne des épandages aériens. Ils proposent aussi l’interdiction l’usage des pesticides dans les zones non agricoles, ce qu’une loi adoptée récemment est en passe de réaliser à l’horizon 2022. Ils plaident pour que les produits destinés à l’alimentation soient étiquetés, «permettant de visualiser les substances chimiques utilisées pour leur fabrication, dont les pesticides». Et par ricochet, ils demandent «la disparition, à très brève échéance, des résidus de pesticides perturbateurs endocriniens dans les produits alimentaires».

 

Les médecins ont inclus dans leur réflexion le processus de définition de la notion de PE en cours au niveau européen, demandant que les tests toxicologiques qui seront retenus recherchent des effets à faibles doses et les effets cocktail (tels que préconisés par le rapport Kortenkamp pour la Commission européenne). Au plan national, ils souhaitent que la réalisation des tests réglementaires nécessaires à la délivrance des autorisations de mise sur le marché soit confiée à des laboratoires indépendants désignés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation («Ces tests seraient financés par les demandeurs de l’autorisation»), et soit désormais placée sous la houlette de trois ministères (santé, environnement et agriculture).



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